CyberZone : l'ambition de bâtir une fabrique africaine des compétences en cybersécurité
Par toolonbuzz

Partie du Cameroun, CyberZone affiche désormais une ambition continentale. Fondée par Njifon Sahadou Badaroudine, l'entreprise développe un écosystème qui associe expertise en cybersécurité, formation, accompagnement des entreprises et collaboration avec les forces de défense et de sécurité. Son objectif est clair : contribuer à faire émerger une nouvelle génération d'experts capables de répondre aux défis numériques de l'Afrique.
Du Cameroun vers l'Afrique
Longtemps considérée comme une problématique réservée aux grandes entreprises ou aux administrations, la cybersécurité est devenue un enjeu stratégique pour l'ensemble du continent africain. Avec la numérisation des services publics, l'essor du cloud, de l'intelligence artificielle et des paiements numériques, les cybermenaces se multiplient et renforcent le besoin de compétences spécialisées.
C'est dans cette dynamique que s'inscrit CyberZone, entreprise fondée en 2020 par Njifon Sahadou Badaroudine, spécialiste de la cybersécurité certifié OSCP (Offensive Security Certified Professional) depuis 2015 et CEH (Certified Ethical Hacker) depuis 2016.
D'abord tournée vers le conseil, les audits de sécurité, les tests d'intrusion (pentests), la cyber-investigation et la formation, l'entreprise affiche aujourd'hui une vision qui dépasse le cadre camerounais : faire du Cameroun un point de départ pour développer une expertise au service de l'Afrique.

Former les talents de demain
Au cœur de cette stratégie se trouve la formation.
CyberZone développe une plateforme francophone de formation en cybersécurité reposant sur des laboratoires virtuels hébergés dans le cloud. Présentée par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme une plateforme dédiée à la formation et à l'apprentissage pratique, elle propose des parcours permettant aux apprenants de se confronter à des environnements proches des conditions réelles.
Mais l'ambition de l'entreprise va plus loin que l'enseignement en ligne.
Njifon Sahadou souhaite faire de CyberZone une véritable fabrique africaine des compétences en cybersécurité, capable de former des professionnels répondant aux besoins des administrations, des entreprises et des organisations du continent.
L'objectif est de démocratiser l'accès à une formation de qualité tout en développant des parcours adaptés aux réalités économiques, réglementaires et technologiques africaines.

Des compétences pour les entreprises… et pour la souveraineté numérique
L'activité de CyberZone ne se limite pas à la formation.
L'entreprise accompagne des organisations dans la sécurisation de leurs systèmes d'information, la réalisation d'audits, les tests d'intrusion et la gestion des incidents de sécurité.
Selon les informations communiquées par CyberZone, plusieurs projets sont actuellement menés avec la Gendarmerie nationale, parallèlement au développement de formations destinées aux forces de défense et de sécurité.
Cette orientation traduit une évolution du marché africain, où la cybersécurité est désormais considérée comme un enjeu de souveraineté. Les infrastructures militaires, les administrations publiques, les réseaux de communication et les secteurs stratégiques sont de plus en plus dépendants des technologies numériques, ce qui renforce la nécessité de disposer d'experts capables de prévenir, détecter et répondre aux cyberattaques.
Les détails opérationnels de ces projets n'ont toutefois pas été rendus publics.

Une stratégie d'ouverture internationale
Pour accompagner son développement, CyberZone bénéficie également de l'accompagnement de l'International Trade Centre (ITC) dans le cadre de sa stratégie d'internationalisation.
L'objectif est de permettre à l'entreprise d'accéder à de nouveaux marchés, de développer des partenariats internationaux et de faire rayonner une expertise construite au Cameroun vers d'autres pays africains.
Cette stratégie s'inscrit dans une volonté plus large de positionner CyberZone comme un acteur régional de la cybersécurité, capable d'intervenir aussi bien dans la formation que dans le conseil ou l'accompagnement des organisations.

Des partenariats avec les acteurs économiques
Le développement de CyberZone repose également sur des collaborations avec des entreprises issues de différents secteurs d'activité.
Parmi les références mises en avant figurent notamment Canal 2 International, dont les équipes ont bénéficié de sessions de formation autour des enjeux de la sécurité numérique, ainsi que Satram, acteur du secteur maritime, illustrant l'élargissement des besoins en cybersécurité à des domaines de plus en plus variés.
Ces collaborations témoignent d'une évolution profonde : aujourd'hui, la cybersécurité concerne aussi bien les médias que les entreprises industrielles, les opérateurs logistiques, les institutions publiques ou encore les infrastructures critiques.

Construire une expertise africaine
Le parcours de CyberZone reflète une évolution d'échelle.
Née au Cameroun, l'entreprise entend désormais contribuer au développement d'une expertise africaine en cybersécurité, en misant sur la formation, l'innovation, les partenariats et le renforcement des capacités des organisations publiques comme privées.
Dans un contexte où la transformation numérique s'accélère sur le continent, les besoins en professionnels qualifiés ne cessent de croître. CyberZone fait le pari que cette demande peut être satisfaite par des compétences formées en Afrique, pour répondre aux réalités africaines.
Le défi est désormais celui du passage à l'échelle : former davantage d'experts, maintenir un haut niveau d'exigence, gagner la confiance de nouveaux marchés et accompagner la montée en puissance de la souveraineté numérique du continent.
Si cette ambition se concrétise, CyberZone ne sera plus seulement une entreprise camerounaise de cybersécurité. Elle pourrait devenir l'un des acteurs africains de référence dans la formation et le développement des compétences numériques.



